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PROJECTION FILM
| Tanalina, une longue nuit
tananarivienne |
|
Le film de 52mn réalisé par
Rémi Stockart et Stephane Corduant, intitulé Tanalina
est la synthétique du monde qui appartient «aux
autres». Ni encenseur, ni accusatif, il se veut juste
être le témoin de ceux qui vivent hors normes, selon
les critères du «politiquement
corrects». Le monde de la nuit est un monde à
part. Il a ses catégories comme celui du jour. La seule
différence, les gens de ce monde vivent tard la nuit ou
tôt le jour.
Une longue nuit Tanalina à l’écran, c’est une nuit de 52mn. Dans la réalité, elle aura duré deux mois et demi, c’est le temps qu’il a fallu pour cadrer ce monde qui vit en même temps, sous la même latitude, mais à des rythmes différents et pour des causes différentes. Y mettre un ordre, c’est perdre son temps. Le mieux à faire c’est de le découvrir et se promener dans les méandres des noctambules à la recherche de rien, juste voir. Que les choses soient claires, ces nuits-là n’appartiennent pas qu’à ceux qui se défoulent ou à ces belles du jour qui ne se découvrent que la nuit. Ils sont certes présents dans ce métrage, mais ne sont pas les seuls. La nuit de Rémi Stockart et Stéphane Corduant est loin d’être minimaliste et pour eux, les chats ne sont pas tous gris. La nuit des passionnés Le film est avant tout une raison de défendre les passionnés, ceux qui ne trouvent pas leur place dans le jour «des autres», mais dont l’excellence y est parfois reconnue. Parmi eux, le photographe Pierrot Men, qui se lève tôt pour prendre les premiers clichés du jour. Le producteur de film Tsilavina et le roi du salegy Jajaoby et les autres musiciens qui ont animé ce film comme Bessa, Silo, Shao Boina ou Up the rap. Leurs fonds communs ? Attendre la nuit pour exprimer leurs frustrations qu’ils expriment le jour en chansons ou en complaintes à qui veut les entendre. On les a entendus et on en a déduit que le ministère de la Culture devrait retrouver ses droits malgré les priorités nationales, car la culture est le miroir d’une nation à la recherche d’une expression. Le devenir du film Présenté devant un parterre d’environ 300 personnes, toutes communautés confondues, on regrette que ce film ne tourne pas dans les salles malgaches ces mois à venir. Il représente sans s’en rendre compte un panel culturel où se mêlent les artistes, les gens de tous les jours, comme ceux qui préparent les marchés tôt le matin et ceux qui les sustentent par leurs étals (vary aminy anana, brochettes, looks…), tous ces plats du terroir chers aux Malgaches, tard le soir ou tôt le matin. Selon ses concepteurs, il tournera dans la région océan Indien puis en Europe, pour permettre des rentrées d’argent afin de pouvoir le diffuser gratuitement au pays dans le maximum de salles. Le cheminement est long, mais le principe est louable. Renée Raza |
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